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Octobre, ou les deux visages de la lumière : opale et tourmaline rose

Octobre est le seul mois à se reconnaître dans deux pierres : l'opale, qui capture la lumière dans un jeu de couleurs mouvant, et la tourmaline rose, qui la retient et s'en électrise.

Par LéanaPublié le 5 min de lecture
Octobre, ou les deux visages de la lumière : opale et tourmaline rose

Octobre est le seul mois à se reconnaître dans deux pierres. L'une capture la lumière dans un jeu de couleurs mouvant, l'autre la retient et s'en électrise. Deux manières de raconter la même saison.

 

Une seule pierre, puis deux

La tradition des pierres de naissance remonte au pectoral d'Aaron, décrit dans l'Exode : douze pierres, une pour chacune des tribus d'Israël. Au 1er siècle, l'historien Flavius Josèphe fut le premier à relier ces douze pierres aux douze mois et aux signes du zodiaque.

L'usage moderne, lui, ne date que de 1912. Cette année-là, les joailliers américains réunis à Kansas City ont fixé une liste officielle, et octobre y reçoit l'opale pour seule pierre. Ce n'est qu'en 1952 que la tourmaline rose la rejoint, quand la profession met la liste à jour. Aucune des deux n'est donc «plus vraie» que l'autre : elles sont, depuis plus de soixante-dix ans, officiellement sœurs.

 

L'opale, une lumière captive

Son nom vient du sanskrit upala, «pierre précieuse», devenu opalus à Rome. Le naturaliste Pline l'Ancien la comptait parmi les gemmes les plus précieuses de son temps, pour ce jeu de couleurs qu'aucune autre pierre ne possède.

Ce phénomène, l'opalescence, vient d'un minéral formé de silice et d'eau, disposées en sphères microscopiques qui décomposent la lumière. Selon l'angle, la pierre change de teinte : c'est une lumière qui semble vivre à l'intérieur de la matière.

Les Grecs anciens lui prêtaient le don de prophétie et une protection contre la maladie. Chez les Bédouins, on racontait que l'opale contenait l'éclair et tombait du ciel pendant les orages. En Europe, elle est longtemps restée un symbole de pureté, d'espoir et de vérité.

La légende d'une pierre porte-malheur

L'opale traîne pourtant une réputation trouble, née d'un roman. En 1829, Walter Scott publie Anne of Geierstein : son héroïne porte une opale qui s'assombrit avec ses humeurs, puis perd tout son éclat au contact d'eau bénite, avant qu'elle ne meure. La fiction s'est propagée comme une croyance, jusqu'à accuser la pierre d'attirer le mauvais œil.

La vérité est plus prosaïque. L'opale est une pierre tendre, sensible aux chocs et à la chaleur. On raconte que les lapidaires médiévaux, redoutant d'être punis pour une pierre brisée en la taillant, préféraient en accuser la malédiction plutôt que leur propre maladresse. La reine Victoria, elle, ne partageait pas cette crainte : elle portait l'opale avec constance, et en offrait à ses filles le jour de leur mariage.

L'opale n'est responsable d'aucun malheur. Ce sont les hommes, et leurs histoires, qui l'ont marquée.

La tourmaline rose, pierre qui répond à la chaleur

Son nom vient du cinghalais turmali, un mot que les lapidaires de l'ancienne Ceylan donnaient aux pierres mêlangées qu'ils ne savaient pas classer. Pendant des siècles, on l'a confondue avec d'autres gemmes : le pendentif «rubis de César» des joyaux de la couronne de Russie s'est révélé être, en réalité, une tourmaline rouge.

Elle possède aussi une propriété rare : chauffée ou frottée, elle se charge d'électricité statique. Au XVIIIe siècle, les marchands hollandais l'appelaient aschentrekker, «celle qui attire les cendres», posée près du feu pour recueillir la poussière des pipes.

Au tournant du XXe siècle, l'impératrice douairière Cixi en fit l'une de ses pierres de prédilection : entre 1902 et 1910, les mines de San Diego expédièrent vers la cour de Chine plus de cent tonnes de rubéllite, la variante rouge profond de la tourmaline rose.

 

Ce qu'elles disent, l'une et l'autre

L'opale porte des valeurs de pureté, d'espoir et de clarté intérieure : une pierre que l'on associe à la sincérité. La tourmaline rose, elle, est liée à la douceur, à la compassion et à l'ouverture du cœur, des vertus que la lithothérapie lui prête encore aujourd'hui, sans que la Maison ne s'en fasse garante.

Les deux partagent une même idée : une lumière qui ne se donne pas d'emblée, mais qui se révèle à qui prend le temps de la regarder. C'est, en un sens, tout l'esprit d'octobre.

Porter octobre

Chez Maison Soleyah, les pierres de naissance ont inspiré le bracelet Éléanore. Une seule perle de verre coloré sur une fine chaîne en acier inoxydable, douze teintes pour douze mois. Sa perle d'octobre s'inspire de la teinte laiteuse de l'opale, en doré ou en argenté.

Un bijou à porter pour soi, ou à offrir à celles nées sous ce mois à deux lumières.

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Questions fréquentes

Quelle est la vraie pierre de naissance d'octobre : l'opale ou la tourmaline rose ? Les deux, officiellement. L'opale figure sur la liste depuis 1912, la tourmaline rose l'a rejointe en 1952. Aucune n'a remplacé l'autre.

L'opale porte-t-elle vraiment malheur ? Non. Cette croyance vient d'un roman de 1829 et d'une rumeur répandue par des lapidaires médiévaux. La reine Victoria elle-même l'adorait.

Quelle différence entre tourmaline rose et rubéllite ? La rubéllite désigne les tourmalines d'un rose-rouge profond. Les teintes plus claires restent appelées tourmaline rose.

Le bracelet Éléanore contient-il une vraie opale ou tourmaline ? Non. Sa perle est en verre coloré, inspirée des teintes de ces pierres de naissance.

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